JulTatt - Installations
Suite à la signature du Contrat Urbain de Cohésion Sociale de Lyon qui visent les quartiers prioritaires en matière de besoins sociaux, urbains et économiques,
"la galerie Tator s'est engagée à développer des projets artistiques qui répondent à certains critères:
-requalifier un espace public et notamment les friches urbaines.
-développer le lien social, la convivialité et la participation des habitants à la vie de leur quartier.
- transformer les espaces en devenir en des lieux où se déroulent des manifestations culturelles et artistiques."
"La galerie Roger Tator a décidé de jouer le jeu en tentant d'investir une dent creuse du 7ème arrondissement, se situant à quelque pas de la rue d'Anvers (siège de la galerie)."
Un appel à projets adressé aux architectes, designers, graphistes, scénographes, urbanistes, paysagistes, artistes plasticiens, éclairagistes...a été lancé en début d'année 2008.
Suite à une première sélection parmi une soixantaine de propositions, 6+1 projets ont été retenus.
LA DENT CREUSE
Au croisement de la rue Montesquieu et de la rue Sébastien Gryphe, dans le 7ème arrondissement de Lyon, se trouve une dent creuse issue de la démolition d'un immeuble. A l'instar de l'Îlot d'Amaranthes (2003-2008), la galerie souhaiterait renouveler l'intervention artistique éphémère au sein d'un interstice urbain.
Il est demandé aux appelés d'imaginer un projet d'expérimentation au sein de cet espace en "devenir", afin d'en révéler les potentialités latentes, mais également dans le but de porter un regard sur ce que constitue la ville contemporaine et d'interroger son fonctionnement. L'enjeu étant de générer l'appropriation temporaire d'un espace public en proposant un projet in-situ, à l'image du quartier, de son architecture et de sa population, et en concordance avec l'îlot d'Amaranthes et la programmation de la galerie.
Une Bergerie Urbaine
La présente proposition s’inscrit dans une réflexion actuelle: imaginer une ville sans voitures, où des activités dites rurales s’installent dans le tissu urbain. L’îlot Amaranthes en est une bonne illustration...
L’objectif est d’offrir un espace pour des moutons ou agneaux destinés à être élevés principalement pour leur viande. Le projet propose d’aménager un espace de pâturage assorti d’un abri, la bergerie.
Cette installation s’adresse aux habitants du quartier désirant posséder un mouton ou un agneau, en vue de l’abattre pour une occasion spéciale (l’Aïd par exemple) ou simplement avoir le plaisir de manger un animal dont on connaît la provenance (tracabilité directe).
A l ‘instar de l’îlot Amaranthes, la réalisation du projet se fait en plusieurs étapes. La première s’attache à la parcelle concernée par l’appel à projet présent. La seconde s’étend sur le terrain situé au sud de l’îlot Amaranthes.
Suite à une première sélection*, [parmi une soixantaine de propositions reçues] 6+1 projets ont été retenus [dont celui de la bergerie urbaine]. L'exposition "A l'état de maquettes" présente ces 7 manières de requalifier une parcelle vacante sous forme de planches, maquettes, animations et installations. Par le biais d'un formulaire et d'un livre d'or, le public est iinvité à exprimer son point de vue et ses préférences; les commentaires de chacun seront pris en compte lors du choix final du projet lauréat, qui devrait voir le jour sur la dent creuse, en 2009.
*membre du premier jury, 5 mars 2008:
François Tran, architecte dplg,
Enseignant/chercheur à l'ENSAL
Emmanuel Louisgrand, artiste, concepteur de l'Ilot d'Amaranthes
Eric Deboos, co-directeur artistique, galerie Roger Tator
Laurent Lucas, co-directeur artistique, Galerie Roger Tator, Enseignant à l'ENBA de Lyon
Marie Bassano, chargée des expositions, galerie Roger Tator
Antonin Horquin, graphiste stagiaire, galerie Roger tator, étudiant en section Design Graphique à l'ENBA de Lyon
phase 1
construction d'une bergerie en structure bois légère, prévue pour l'hébergement de 3 à 5 moutons.
Cette étape vise à expérimenter l'élevage urbain, avant de passer à la phase 2 qui prévoit une extension destinée à accueillir jusquà' 25 ovins.
phase 2
maquette 1/50
Ce projet s'inspire de la Villa Bio, réalisée par l'agence barcelonaise CLOUD-9
crédits photographiques: Jean-Alain Corre
























commanditaire:
Galerie Roger Tator - http://www.rogertator.com
conception projet:
JulTatt
illustration [bergerie-phase 2]:
Astrid de Geuser - http://www.picheplume.com
co-exposants et participants:
Vadim Sérandon
: http://ichbineinbrontosor.over-blog.com
Benedetto Buffalino:
À l’occasion du 2ème FESTIVAL DES ARCHITECTURES VIVES de MONTPELLIER, l’association Champ Libre lance un appel à projets pour réaliser 10 interventions.
Le Festival s’inscrit au cœur de la ville de Montpellier; il se déroulera dans l’Ecusson et plus spécifiquement dans les cours intérieures de certains hôtels particuliers. Par-là même il sera proposé un parcours, sorte de découverte architecturale au cœur de la ville.
Ainsi, l’objectif du FAV à Montpellier est d’une part, d’ouvrir aux habitants, le temps du festival ces lieux emblématiques, d’autre part - grâce à l’intervention des équipes de créateurs qui présenteront une œuvre spécifique à chaque lieu - de révéler une relation intime entre une architecture contemporaine, une installation, et un site patrimonial.
Quand on voudrait figer l'architecture dans le miroir de la grande Histoire et du Patrimoine, les Architectures Vives préfèrent pour leur part, la prérogative de l'usage au droit de l'auteur. Elles sont copyleft dans leur attitude et se réjouissent sincèrement de toute réappropriation libre et constructive. Refusant l'immuable, le temps du festival elles questionnent notre environnement quotidien. S'adressant à un large public, elles proposent une aventure sensitive, offrent un regard décalé. Elles se positionnent comme un révélateur.
Les architectures Vives sont objet de désir, d'envie et souhaitent simplement retrouver le sens du plaisir, offrir du sensible et du tactile.
commanditaire:
association champ libre
conception-réalisation:
Anaïs Lebois
Boriana Paroucheva
JulTatt
entreprises:
les gazonnières Saint Sauveur (Gard): rouleaux de gazon
les ateliers de la MIRLY (69): découpe des formes


Thème du Festival 2007 : «Jeux de cour»
Pour cette 2ème édition du Festival des Architectures Vives à Montpellier les lieux choisis sont en adéquation avec cette ville historique. Une de ses richesses est la présence dans l'Ecusson de nombreux hôtels particuliers. Aujourd'hui, Montpellier en compte plus de soixante-dix. Nombre de ces hôtels et cours intérieures privés, ne sont pas accessible au public. Ainsi, l'objectif de ce festival est double. D'une part ouvrir aux habitants ces sites emblématiques, leur faire découvrir les lieux cachés de leur propre ville. D'autre part, grâce à l'intervention des équipes de créateurs présentant une oeuvre spécifique à chaque lieu, il s'agit de révéler une relation intime entre une architecture contemporaine et un site patrimonial.
Dans leur histoire les cours, espaces semi-publics semi-privés, se sont vus attribuer des fonctions très diverses entre lieu de représentation, d’accueil de distribution, mais aujourd’hui les cours restent inhabitées. Dénuée de toute fonction, elles se présentent comme de simples espaces traversés pour rejoindre un lieu privé. Oubliées, car inaccessibles, ou oubliées car inappropriées, ces cours disparaissent petit à petit d’une connaissance commune, voir d’un imaginaire collectif.
Alors jouons dans ces cours, jouons de ces cours, jouons avec les cours.
Redonnons leur vie. Retrouvons, le temps du festival le plaisir de parcourir la ville pour déambuler de surprises en surprises. Retrouvons et révélons par des jeux d’espaces de couleurs et de matières… les qualités de ces cours. Redonnons leur vie, grâce au plaisir du lieu, à un imaginaire de ville habitée et non simplement traversée.
L’architecture contemporaine par jeu révèlera et réveillera des sites endormis. Au travers des « Jeux de cour », se sont simplement le plaisir de l’espace, de l’architecture et de la ville qui sont recherchés.
CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 1
ANABOJU est une petite génisse entièrement recouverte de taches rouges.
Elle habite dans une des plus belles prairies de la région, où les pissenlits se dressent comme des soldats à la parade et les boutons d’or s’ouvrent grands comme des soucoupes. A l’intérieur de son univers, délimité par des haies vertes et le ciel bleu, elle mène une vie très occupée :
Le matin, elle apprend à bien mugir. Elle enchaîne quelques pas de gigue pour se dégourdir les jambes. L’après midi, elle consacre tout son temps à une méticuleuse sélection des brins d’herbe les plus tendres. Eliminer les mauvaises herbes fait partie de toutes ces choses qu’une génisse bien élevée doit savoir faire.
Contrainte ainsi de bien se conduire, ANABOJU aime laisser divaguer son esprit sur les rives de l’imaginaire. Elle profite des longues siestes que la digestion lui impose, pour s’évader. Confortablement installée sur son tapis d’herbe, à l’ombre du vieux chêne, elle s’assoupit.
L’accident eut lieu par une belle nuit d’été. Et la génisse rouge ressentit un incompréhensible besoin de suivre ses rêves...

Mais la vache avait déjà quitté les lieux, lorsque Jane se pencha à travers la fenêtre. On devinait les traces de son passage. Peu à peu, ces pas laissés sur le pavé de la cour, reprenaient vie. Ils laissèrent apparaître des taches rouges identiques à toutes celles qu’elle portait sur le dos.
Jane réalisa soudain que la cour toute entière s’animait. De l’herbe avait recouvert le sol. Un tapis vert se plaqua sur le sol existant, mais cette rencontre ne fut pas neutre. Confronté à cette surface dur et imperméable, l’herbe folle se soulève, se recroqueville, se plisse, pour finir plaquée aux murs. Envahissante et libre, la prairie d’ANABOJU s’affranchit de la gravité. Elle recompose l’espace de la cour, tantôt pour la flatter, tantôt pour la persécuter. Ce lieu devient le théâtre de deux visions. L’imaginaire nappe le support réel et physique pour nous transporter par delà les rêves de la petite génisse rouge.
La nuit avait été paisible pour les habitants de la cour de Varennes.
Leur sommeil avait été bercé par un léger souffle de vent qui cependant portait une étonnante nouvelle :
-Tiens? s’écria tout à coup Michael, assis sur l’appui de fenêtre toujours habillé dans son beau pyjama à carreaux.
- Qu’est-ce qu’il y a? demanda Jane. Raconte moi.
- Une chose toute a fait extraordinaire, dit Michael, fort agité. Il y a une vache dans l’allée.
- Une vache ? Une vraie vache ? En pleine ville ?
- Oui, elle marche très lentement, et elle passe sa tête par-dessus toutes les grilles, comme si elle avait perdu quelque chose.
- Oh ? Je voudrais la voir ? dit Jane.


















